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Malin,maline et maligne

Maligne est la forme correcte du féminin de malin, même si, à l’oral, l’on entend souvent maline.

En français, la plupart des adjectifs font leur féminin par la simple addition d’un -e final. Mais cet ajout s’accompagne parfois d’autres modifications: addition d’une consonne (ex: rigolo devient rigolote), redoublement de la consonne finale (ex: coquet devient coquette), changement de la consonne finale (ex: bénin devient bénigne). Le féminin maligne fait partie de cette dernière catégorie.

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Le féminin des noms de métiers

Comment écrire les noms de méitiers, titres, grades et fonctions au féminin?

 

1. Le nom au masculin se termine par une voyelle

1.1. Si le nom se termine par un -e : la forme féminine reste la même (cette forme est dite épicène).
Ex : Une architecte, une astronaute, une cadre, une interne, une juge, une psychiatre, une gendarme, une vétérinaire, …

Remarque : Certains noms ont été féminisés depuis longtemps à l’aide du suffixe -esse : hôtesse, mairesse, maitresse, poétesse… Ce suffixe est aujourd’hui considéré comme désuet, seuls les emplois consacrés et les emplois encore partiellement en usage sont admis, à côté des formes épicènes : une maire ou mairesse, une maitre ou maitresse (d’hôtel, de conférences, etc.), une poète ou poétesse…

1.2. Si le nom se termine par -é ou -i: la forme féminine se forme en ajoutant un – e
Ex : Une apprentie, une députée, une associée.

1.3. Si le nom se termine par -a, -o et –u : la forme féminine reste la même (forme épicène)
Ex : Une boutefeu, une dactylo, une tuba.

 

2. Le nom au masculin se termine par une consonne

2.1. Cas général : la forme féminine se forme en ajoutant un -e
Ex. : une adjointe, une artisane, une avocate, une commise, une consultante, une écrivaine, une magistrate, une présidente, une substitute…

Certaines modifications s’appliquent conformément aux règles de la langue française :

  • doublement de la dernière consonne. Ex. : une chirurgienne, une électricienne, une industrielle, une informaticienne, …
  • modification de la dernière consonne. Ex : une créative, une sportive, …
  • ajout d’un accent sur la dernière voyelle. Ex : une bâtonnière, une conseillère (culturelle, d’État, municipale…), une greffière, une huissière, …

Remarque : L’adjonction du -e est facultative pour les termes – issus des comparatifs latins : une junior(e), une major(e), une sénior(e).

2.2. Si le nom se termine par –eur (à l’exception de -teur) :

2.2.1. La forme féminine se termine en -euse lorsqu’au nom correspond un verbe en rapport sémantique direct.
Ex. : une annonceuse, une chercheuse, une démarcheuse, une entraineuse, une programmeuse, une retoucheuse…

Remarque : Les formes féminines anciennes en -esse de défendeur, demandeur et vendeur : défenderesse, demanderesse, venderesse, sont conservées dans la langue juridique.

2.2.2. Si le nom n’est pas issu d’un verbe : on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses),
Ex. : une assesseur(e), une censeur(e), une commandeur(e), une entrepreneur(e), une gouverneur(e), une ingénieur(e), une professeur(e), une proviseur(e) …

Remarque : Les noms issus de comparatifs latins ont un féminin régulier en -eure : une prieure, une supérieure.

2.3. Si le nom au masculin se termine par –teur

2.3.1. La forme féminine se termine par –trice si

  • il n’existe pas de verbe correspondant au nom (agriculteur, aviateur, instituteur, recteur…),
  • le verbe est apparu postérieurement au nom (acteur/acter, auditeur/auditer…) 
  • le verbe correspondant au nom ne comporte pas de -t- dans sa terminaison (calculer/calculateur ; conduire/conducteur …),
  • il existe un substantif corrélé au nom se terminant par -tion, -ture, ou -torat (quelle que soit la terminaison du verbe
    correspondant) (éditeur/édition ; lecteur/lecture ; tuteur/tutorat …).

Ex : une agricultrice, une animatrice, une auditrice, une calculatrice, une compositrice, une conductrice, une conservatrice, une correctrice,
une curatrice, une dégustatrice, une détectrice, une directrice, une éditrice, une formatrice, une inspectrice, une institutrice, une perceptrice, une programmatrice, une promotrice, une rectrice, une rédactrice, une sénatrice, une tutrice…

Remarque :
La règle s’applique aux noms empruntés à l’anglais, qu’ils soient francisés ou non : reporter, reporteur/reportrice ; supporter, supporteur/supportrice.

2.3.2. La forme féminine se termine par -teuse si:

  • au nom correspond un verbe en rapport sémantique direct comportant  un -t- dans sa terminaison et/ou
  • il n’existe pas de substantif corrélé se terminant par -tion, -ture ou -torat (acheter/acheteur)

Ex. : une acheteuse, une ajusteuse, une batteuse, une étiqueteuse, une transporteuse…

 

3. Abréviations et sigles

Les formes abrégées et les sigles sont épicènes.
Ex: une extra, une O.S., une P.D.G.

 

4. Mots empruntés à une langue étrangère

Pour les mots empruntés à une langue étrangère dans l’intégralité de leur signe, sans adaptation morphologique, la forme
féminine est identique au masculin.
Ex. : une clown, une gourou, une imprésario, une jockey, une judoka…

Remarque: En cas d’équivalents recommandés par les commissions ministérielles de terminologie, seuls ces équivalents sont féminisés.
Ex. : stylicien, stylicienne (pour designer).

 

5. Cas particuliers

Lorsque le nom désigne de manière explicite la personne de sexe masculin, il est remplacé par son équivalent féminin : un confrère/une consoeur ; un garçon (boucher, d’étage…)/une fille (bouchère, d’étage…) ; un homme (d’entretien, -grenouille)/
une femme (d’entretien, -grenouille…).

Remarque : Cette règle s’efface devant l’usage consacré : garçon de café devient serveuse, barman devient barmaid, steward devient hôtesse.

 

6. Accord dans les dénominations composées et complexes

Dans les dénominations composées et complexes, le principe de la féminisation est identique : les substantifs sont féminisés selon les règles énoncées ci-dessus, les adjectifs et les participes s’accordent au féminin.
Ex : une ajusteuse-outilleuse, une chef adjointe, une contrôleuse-vérificatrice,
une déléguée territoriale, une directrice financière, une haute fonctionnaire, une première ministre, une présidente-directrice-générale, une receveuse principale, une trésorière-payeuse…

 

Sources : « Femme, j’écris ton nom… « , Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions. (La documentation française, 1999).

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